Comment militer dans l’espace public ? Guide pratique.

Animalsace contribue à construire une société qui n’exploite plus les animaux. Pour cela, nous menons des campagnes ciblées mais aussi des actions de sensibilisation et d’information dans l’espace public.

Aller à la rencontre du grand public dans la rue est une action importante. En effet, transmettre des informations et des arguments et échanger en face en face permet de faire réfléchir différemment  votre interlocuteur, et ce de manière complémentaire à d’autre canaux comme les médias traditionnels ou les réseaux sociaux.

Nous croyons qu’il faut construire un puissant mouvement social en faveur des droits des animaux et cela ne peut pas se faire en restant chez soi (même si bien sûr de nombreuses actions très utiles peuvent se faire sans se déplacer, par exemple sur Internet ou encore auprès de son entourage).

Vous avez décidé de participer à une action avec Animalsace pour défendre les animaux. Bravo !
Vous n’avez encore jamais distribué un tract ou provoqué une discussion avec des passants ? Vous cherchez à vous améliorer ? Vous trouverez sur cette page des conseils pour militer efficacement sur le terrain tout en passant un bon moment.

1. Il y a une première fois à tout

Comme pour apprendre à conduire une voiture, parler en public, lasser ses chaussures ou quand vous allez vous baigner (le fameux « une fois qu’on est dedans, elle est bonne »), vous vous apercevez par la suite qu’il n’y avait pas de quoi en faire une montagne. Les choses se passent naturellement et il n’y a vraiment rien de compliqué.

2. Connaître son objectif

L’objectif de nos actions est de provoquer des échanges constructifs avec un public donné. Cela peut être les passants en général, le public d’un cirque, les étudiants sur un campus, les consommateurs d’un magasin, etc.

Par exemple, lors d’une action pour les animaux exploités et tués pour l’alimentation humaine, nous cherchons à faire réfléchir nos interlocuteurs, sans les braquer, et à apporter des informations simples et pertinentes, comme le nombre d’animaux terrestres abattus chaque jour dans les abattoirs en France (2,7 millions) ou le fait que tous les animaux que nous mangeons ressentent des émotions, comme nous.

Nous souhaitons aussi proposer des solutions : au niveau individuel, devenir végétalien, au niveau collectif, faire adhérer à l’idée qu’il faut des droits pour les animaux.

3. Quelques conseils « techniques »

Permettre à l’autre de s’identifier à vous

Culpabiliser quelqu’un ou s’en prendre à lui ne va pas l’aider à adhérer à notre position. Tenter de remporter un débat coûte que coûte non plus. La gravité et l’urgence des sujets abordés ne doit pas nous faire perdre de vue ce qui est efficace pour venir en aide aux animaux. Vous aurez fait progresser la cause des animaux si vous et votre interlocuteur tombez d’accord, même sur de petites choses, plutôt que d’être en désaccord sur tout.

Vous êtes plutôt iroquois, haut-de-forme ou tenues traditionnelles ? Mieux vaut être habillé de façon passe-partout et soignée pour faciliter l’identification. Votre message sera plus fort si votre interlocuteur trouve que vous lui ressemblez.

Être exemplaire

Dans le même esprit, il y a certaines choses qu’on ne devrait vraiment pas faire pendant une action : mâcher quelque chose, mettre des écouteurs, fumer ou boire de l’alcool.

Utiliser le « nous »

Préférez le « nous » au « vous » pour ne pas donner la fâcheuse impression que vous donnez une leçon de morale. Après tout, nous habitons sur la même planète et le changement se fera avec la majorité ou ne se fera pas. Par exemple, vous pouvez formuler les choses ainsi : « nous devons fermer les abattoirs », « nous devons traiter les animaux différemment », « les animaux ne sont pas faits pour que nous les mangions ».

Rester intelligible

Si vous ne comprenez rien lorsque deux juristes, deux mathématiciens ou deux mécaniciens parlent entre eux, alors imaginez-vous que c’est pareil lorsque vous utilisez des mots comme « antispécisme », « libération des animaux », « stéréotypie » ou « dissonance cognitive ». Utilisez des mots et des concepts courants que le grand public comprend et citez des exemples.

Employez aussi des idées que le grand public accepte déjà puis tentez d’élargir la réflexion, en posant des questions, en demandant comment la personne se positionne par rapport à certaines idées ou pratiques.

Comparer certaines pratiques à un holocauste ou à l’esclavage c’est risquer sans nécessité de susciter l’indignation. Parler plutôt de massacre, d’abattage de masse, d’exploitation et d’enfermement permet de faire référence à des représentations partagées et que tout le monde considère déjà comme de mauvaises choses.

Il est utile d’écouter l’autre, de se montrer attentif et de ne pas hésiter à lui tendre la main en cas d’ouverture. Vous pouvez par exemple lui apporter de la documentation ou l’inviter à se renseigner sur notre site Internet.

Être informé pour pouvoir informer

Avant une action, prenez un peu de temps pour lire les informations essentielles sur le sujet (non non, il n’y a pas de baleine bleue dans les cirques ni de poulets sans pattes). Venez un peu en avance et lisez bien le tract avant le début de l’action. N’hésitez pas à poser vos questions aux responsables de l’action.

De même, si vous faites face à des questions auxquelles vous ne savez pas répondre, vous pouvez vous en référer à eux durant une action. Mais ne craignez pas non plus de dire « je ne sais pas ».

Défendre les animaux

Un passant veut vous parler des difficultés économiques des éleveurs face à la grande distribution ? De la production industrielle des tomates ? Du temps qu’il fait ? Ramenez la conversation aux animaux. Nous sommes là pour eux et notre temps et nos moyens sont limités, alors allons droit au but.

De même, ne rentrez pas dans des débats interminables voire agressifs. Délivrez votre message et sachez terminer une conversation de façon positive et polie.

4. L’art du tract

Des tracts sont proposés à toutes nos actions. Distribuer un tract permet non seulement de transmettre des informations mais c’est aussi et surtout l’occasion d’établir le contact, d’engager une discussion. Pensez à quelques phrases d’accroche ou demandez-en aux responsables de l’action. Pas besoin de faire compliqué.

Distribuez votre tract en annonçant de quoi il s’agit (par exemple, « Bonjour, des informations sur la cruauté du foie gras »), puis essayez de dialoguer, en vous adressant directement à votre interlocuteur « Vous savez ce qu’est le gavage ? », « Vous mangez du foie gras ? ». Si la conversation prend, c’est gagné !

Pour distribuer au mieux, suivez ces quelques conseils :

  • Occupez l’espace en vous mettant de face par rapport au passage
  • Regardez votre ou vos interlocuteurs
  • Ayez l’air avenant, souriez
  • Soyez audible et concis dans votre phrase d’accroche
  • Dites bonjour
  • Laissez passer quelques instants après un refus : les passants refusent plus facilement si ils ont vu d’autres personnes le faire avant eux.

Ces conseils et d’autres sont exposés dans ces deux vidéos que nous avons traduites. Après les avoir vues, vous serez un pro des tracts.

L’association L214 propose aussi une page avec des conseils pour militer.