Frédéric et Éveline, deux amis des animaux, nous ont fait parvenir le récit de leur journée du samedi 20 novembre durant laquelle ils se sont rendus à Kingersheim alors que l'on chargeait les poules pour les conduire à l'abattoir. Nous publions ce texte car il apporte un regard personnel sur ce qui s'est passé là-bas, un point de vue qui donne à réfléchir.
4h du matin, nous prenons la route en espérant pouvoir sauver quelques vies.
8h du matin, nous arrivons sur les lieux, un logo me frappe : "Mas d'Auge" (1). Immédiatement, je me rappelle la pub de mon enfance : "Mas d'auge, les bons œufs les yeux fermés" (2). Oh oui, qu'il est agréable que le consommateur ait les yeux fermés pour que l'industrie puisse faire ce qu'elle veut. Un peu plus en retrait, un second logo "Matines". Là encore une autre pub (3) me revient en tête, bien loin de la cruelle réalité qui s'offre à moi : deux bâtiments d'une taille démesurée. Et dire que 80% des œufs consommés en France viennent de telles installations, c'est terrifiant !
A peine nous sommes arrivés que la police est appelée en renfort pour...nous surveiller ! Hé bien oui vous comprenez, c'est nous qu'il faut surveiller, pendant qu'à l'intérieur des bâtiments des animaux se font maltraiter. Nous nous tiendrons donc à l'extérieur de la propriété, à côté du camion où sont chargées les poules (8).
La scène est abjecte, les poules sont entassées sans aucune précaution dans des conteneurs (4) puis chargées sur des camions, les employés prennent soin de faire leur sale travail à l'abri de nos regards : un conteneur est volontairement placé entre le lieu du remplissage des cages et nous (5). Ici, très peu de caquètements ou de gloussements, les poules sont trop affaiblies pour ça, mais un bruit infernal et incessant fait par le piétinement des poules sur les grilles des cages, enfin pour celles qui sont encore en vie (6), car beaucoup de corps à peine vivant jonchent le sol des cages. Combien mourront avant d'arriver à l'abattoir?
Une odeur nauséabonde envahit les lieux alors que nous nous tenons à plus de 10m du bâtiment (sous le contrôle de la police (8)). Cette odeur restera marquée en nous pendant encore longtemps. Impossible d'adopter quelques poules, l'Homme a décidé que ces animaux devaient mourir car ils sont malades, c'est l'arrêté préfectoral qui le dit. Est-ce qu'on tue aussi les chiens et chats lorsqu'ils sont malades ?
10h du matin, nous quittons les lieux, je me dis qu'aujourd'hui un tel endroit ferme, mais que demain un autre bâtiment similaire ouvrira, et ceci tant que les consommateurs ne choisiront pas d'ouvrir les yeux (2) sur la réalité, la cruauté envers les animaux qui remplit leur assiette, je pense à tous ceux qui disent "moi j'aime les animaux" et qui cautionnent ce système.
Notes :
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(8) :